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Pour une agoraphobique, cette fillette n'a pas de chance, ou bien est vraiment trop efficace : la voici objet de l'attention d'une vaste assemblée, d'un véritable forum. Bien sûr, elle n'en saura rien, et très certainement en bénéficiera pourtant de quelque manière. De toute façon, comment des psychanalystes pourraient-ils travailler sur son cas sans en parler entre eux ?
Mais pourtant derechef : travailler en commun sur son cas ne risque-t-il pas de nous faire oublier, dans le feu de l'émulation, que tel n'était pas le but de cette table ronde, consacrée à l'étude du travail du psychanalyste d'enfants ? En caricaturant quelque peu ne pourrait-on dire que l'une des difficultés de ce travail, solitaire comme tout travail psychanalytique, tient précisément à ce que l'enfance suscite chez chacun de réflexe institutionnel, voire institutionnalisant, réflexe qui tend répétitivement à donner à l'activité groupale de n'importe quelle assemblée de spécialistes une allure de sacro-sainte « réunion de synthèse » ? Le cas présenté par Janine Simon me semble remarquablement propice à l'analyse de ce phénomène.
Qu'il s'agisse déjà d'une sublimation, ou plutôt d'une formation réactionnelle, cette fillette manifeste un étonnant appétit pour les acquisitions culturelles. Il faut à sa psychanalyste toute son expérience et sa présence d'esprit pour résister à la séduction de cette fuite en avant, à l'illusion d'un plaisir qui pourtant paraîtrait fortement partagé, plaisir par exemple de discourir avec l'enfant de vie et de mort, de philosophie et de métaphysique : résister au désir leurrant, et sans aucun doute contre-transférentiel au sens le plus strict, de contribuer encore à ses progrès culturels. Refuser de lui apprendre encore quelque chose, et tout autant refuser d'apprendre d'elle, ainsi que cela est d'usage avec les beaux cas, « beaucoup de choses ». En somme refuser d'être « adulte » avec elle, puisque ce sont les adultes, et non les enfants, qui ne songent qu'à apprendre, da