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Je ne saurais garantir que le mot de « technique »1 n'apparaisse jamais dans les premiers écrits de Freud concernant la psychanalyse (de 1895 à 1903). Il me semble qu'il n'y est pas souvent en tout cas. Je l'ai cherché en vain dans les lettres et esquisses elles-mêmes, groupées dans La naissance de la psychanalyse, où, par contre, il figure dans l'introduction et les notes (tardives, 1950) des éditeurs, M. Bonaparte, Anna Freud et E. Kris, cela en cinq ou six endroits. Le texte de la Traumdeutung, sauf erreur, ne le contient pas, alors qu'il y est partout question d‘« interprétation » et d‘« analyse ». D'autres écrits originaires de la psychanalyse parlent de « méthode » (une méthode est une voie, une route), de traitement, de procédé.
« Technique » vient en 1904, année où Freud publie le cas Dora, qui le contraint à réévaluer sa démarche : il figure dans l'avant-propos de cette observation et dans les conclusions (p. 3 et p. 84 de la traduction française, PUF, 1968). C'est aussi l'année où il écrit le premier des petits articles groupés plus tard sous le titre La technique psychanalytique (1970, traduction française de A. Berman). Dans cet écrit, le mot de technique n'est pas dit, si la chose, elle, se précise. C'est seulement dans Remarques sur l'amour de transfert (1914), joint au précédent travail dans le recueil dont il s'agit, que de « technique » il sera explicitement parlé. La technique, chose ou mot, ensuite fleurit. Elle occupe une place importante dans les préoccupations de Freud parallèlement à la métapsychologie, durant les années de disette clinique de la guerre. Et elle fait la matière des débats du Congrès de 1919, à La Haye, où l'on agite les propositions de S. Ferenczi2 sur la « technique active ». Freud, l'année précédente, avait introduit à Budapest (où fut aussi présenté un travail princeps de Melanie Klein sur la technique de la psychanalyse appliquée aux enfants)3, le « principe d'abstinence », sur le nom et le sens très « techniques » desquels