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Voilà un beau livre, original, qui ne sent pas l'application bien qu'une grande part ressortisse à ce que Freud appelait lui-même de la « psychanalyse appliquée ». Ecriture claire, mobilisant l'attention mais transparente à son sujet… ce qui prouve que le fantasme d'identification — puisque c'est le sujet thématique — à l'écriture de Freud a joué à plein. Peut-être ici, la saillie quelquefois intempestive et drôle prolonge-t-elle l'écart de l'humour juif auquel Freud se plaisait et se complaisait ?
Car, comment et par quoi et par qui, écrit-on des essais de psychanalyse ? Par l'écriture de Freud ? Bien que nous ne soyons pas allemands, et malgré les assez médiocres traductions françaises, nous nous rendons cependant compte que Freud est un écrivain, que l'écriture est pour lui une question aussi essentielle que l'explicitation de la doctrine, que l'une ne va pas sans l'autre. Freud est « clair » (au sens cartésien du terme) jusqu'à… la transparence. Sa rhétorique de base est traditionnelle, voire conventionnelle, son vocabulaire thématique, essentiellement d'emprunt, et de tout cela, il fait un mixte transparent mais dont la diaphanéité de la pensée n'est ni une réponse en soi, ni un moyen d'emprise, mais l'éclairage simple sur toute la vérité actuelle de la question. Voyez aussi bien Un trouble de mémoire sur l'Acropole que Le clivage du moi et le processus défensif.
Sur un plan artistique, comme on dit, voyez La tempête de Shakespeare ou La flûte enchantée de Mozart, leur transparence exhaustive ne cesse de lever en nous des correspondances infinies et des goûts de symboles…
C'est clair et c'est difficile à « penser » : Freud, Shakespeare, Mozart!
Mais tout peut être différent : Melanie Klein, c'est souvent écrit à la hâte (ça en donne l'impression) dans une langue d'emprunt, non adéquate à la pensée, et pourtant la vigueur de la découverte est exceptionnelle.
Lacan se prend souvent les pieds dans ses draperies, la langue grimace en pseudo-mallarméismes et la pensée… r