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Comme tous les mythes et toutes les légendes, celle de Médée a mis longtemps avant d'atteindre son apogée. Il semble que la version exprimée par Euripide dans sa tragédie Médée (431 avant J.-C.) apparaisse comme le thème complet d'une ample légende : le personnage de Médée y est une figure fabuleuse auprès de qui, selon l'expression de Marie Delcourt1 : « Les figures qui l'entourent… servent surtout de repoussoir. »
La personne Médée apparaît d'abord en Grèce, longtemps avant que l'Odyssée eût été écrite, avec d'innombrables variantes, puis dans la théogonie d'Hésiode2 (viiie siècle avant J.-C.) en deux passages différents :
« Et à l'infatigable Soleil, Perseis, l'illustre Océanide, enfanta Circé et le roi Aiètes. Et Aiètes, fils du Soleil, qui éclaire les hommes par le vouloir des Dieux, épousa la fille d'Océan, le fleuve parfait, Idye aux belles joues qui lui donna pour fille Médée aux jolies chevilles, domptée sous sa loi amoureuse par la grâce d'Aphrodite d'or » (vers 956-962).
« La fille d'Aiètes, roi nourrisson de Zeus, ce fut le fils d'Aison qui, par la volonté des Dieux toujours vivants, un beau jour l'emmena au palais d'Aiètes. Il avait achevé les douloureux et multiples travaux que lui dictait un roi terrible et orgueilleux, l'insolent, furieux et brutal Pélias. Il les acheva tous et revint à Iollos après bien des fatigues, ramenant sur sa nef rapide la vierge aux yeux qui pétillent dont il fit sa florissante épouse. Elle subit donc la loi de Jason, pasteur d'hommes, et lui donna un fils Médèios qui, dans les montagnes, nourrissait Chiron, le fils de Phiolyre, et le plan du grand Zeus ainsi s'accomplissait » (vers 991-1002).
Hésiode décrit une jeune fille charmante et amoureuse qui subit