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Pour un psychanalyste le mythe c'est avant tout, bien sûr, le mythe d'Œdipe et, pour un psychanalyste, le mythe d'Œdipe c'est avant tout l'inceste.
Il m'a donc paru assez étonnant de constater que dans un colloque réservé à des psychanalystes on ait si peu parlé d'Œdipe. Il m'a semblé assez étonnant que personne ne se soit déclaré étonné d'un tel silence.
Il m'a paru assez étonnant que le mythe d'Œdipe ait pu être abordé à la fois par un non-analyste et par son point le plus sensible, c'est-à-dire l'inceste, pour nier que cette notion d'inceste revête, dans le mythe, l'importance que lui accordent les psychanalystes et ceci sans qu'aucun assistant ne clame sa surprise sinon son indignation.
Qu'en est-il donc en 1981 de la position préconsciente des psychanalystes quant au mythe de l'exclusivité de la dialectique incestueuse dans les toutes premières racines de l'économie relationnelle de l'enfant ?
Les psychanalystes se seraient-ils enfin donné le droit d'examiner de plus près et, éventuellement de compléter, les hypothèses d'octobre 1897 sur lesquelles ils continuaient jusque-là à refermer très confortablement leurs réflexions ?
Les psychanalystes ne sont jamais parvenus en effet à fournir des explications vraiment convaincantes se rapportant aux manifestations violentes précoces décrites par eux-mêmes comme par les collègues des autres disciplines qui se sont penchés, avec un œil nouveau, sur le comportement relationnel du tout premier âge ?
Bien sûr, on ne peut prétendre que le silence du public puisse être considéré comme une approbation consciente et manifeste de la mise en coupe réglée, par un homme de science à la méthodologie extrêmement rigoureuse et pertinente, de l'illusion selon laquelle l'enfant aurait été chassé dès sa première année et sous l'action d'un serpent tentateur