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Les « mythes endopsychiques » privés où, selon Freud, s'originent les récits mythologiques publics de la culture sont-ils premiers ou seconds ? D'abord individuels et endogènes véritablement, puis mis en forme à l'extérieur, en qualité de compromis collectifs entre les inconscients particuliers, qui viendraient ensuite s'y mirer à plaisir et s'y rassurer sur eux-mêmes ? Ou au contraire élaborés déjà chez chacun à partir de l'intériorisation d'un discours déposé dans la mémoire collective et, par conséquent, articulés (avant que d'être retrouvés au-dehors) par un préconscient et des symboles culturels ? Cette façon volontairement naïve1 de poser une fois encore le problème de la poule et de l'œuf donne peut-être un moyen d'éclairer l'opposition insurmontée entre les deux démarches explicatives privilégiées naguère l'une par Freud et l'autre par Jung, voire entre les deux épistémologies qui, chez Freud lui-même, se succèdent périodiquement et semblent parfois se contredire. Celle qui détermine le dehors et le social par le dedans et par l'individu. Et celle qui explique l'intériorité de la psyché individuelle en recourant à une archéo-psyché plongeant dans le corps, la phylogenèse, l'en-deçà, l'antérieur, le donné : quitte à faire de cette