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« C'est un triomphe de l'esprit que de pouvoir rendre dans une même formule, le délire et la vérité. »
Les facettes multiples que nous présentent les mythes rendent compte des divergences d'interprétation ; mais elles sont aussi le reflet de toutes les fonctions assignées au mythe, depuis la magie liée à l'appel du désir jusqu'à la marque de son usage politique. Si le consommateur de mythes succombe à ses charmes, c'est bien qu'il y trouve quelque plaisir : mais d'où vient ce plaisir ? sur quel besoin peut-il s'étayer ? Ces interrogations ne sont pas étrangères à certains mythologues, puisqu'on peut lire dans La mythologie primitive de Lévy-Bruhl, le passage suivant :
« Le bénéfice que nous vaut la mythologie grecque se mesure en unités de plaisir. Car le plaisir des mythes est directement proportionnel au caractère inoffensif de l'écoute : à bonne distance du prélogique, là où sans qu'il y ait danger de voir ce monde primitif prendre place dans la réalité, nous pouvons apprécier en toute quiétude une pensée fort éloignée de la nôtre, mais parée d'autant de séduction que jadis. Le rationalisme est nécessaire pour refouler notre tendance à regarder la partie mystique de l'expérience comme aussi réelle que la positive; il y a là une violence qui rend d'autant plus « voluptueux » le plaisir d'abandonner l'attitude rationnelle pour nous replacer dans l'attitude ancestrale. » Cette analyse si fine du fonctionnement mythique, appelle un autre pouvoir, celui de la parole.
Le mythe est une parole, mais une parole particulière ; les hypothèses