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On ne peut nier qu'un problème de méthodologie se pose quant à la légitimité et aux limites de l'interprétation psychanalytique des mythes.
Un mythe est un être de raison, un canevas d'histoire plus qu'une histoire, autour d'une ou plusieurs figures imaginaires à caractéristiques diverses. Il ne peut être abordé qu'à travers des versions individuelles. La personnalité du narrateur, son temps, le lieu et la société dans lesquels il vit font que sa version est toujours différente et parfois contradictoire par rapport aux versions antérieures. Individualiser un mythe au-delà de ses multiples versions est donc déjà le réduire. A proprement parler, le mythe d'Œdipe n'existe pas.
La seule façon d'être rigoureux en cette matière, et c'est la tâche du mythologue, est de décrire une par une les versions d'un même mythe dans leur contexte géographique, social, politique et d'en justifier le groupement sous un même thème. Mais s'il n'y a pas qu'un mythe d'Œdipe ou d'Héraclès, etc., et encore moins un seul système sousjacent à la mythologie grecque, la production mythique à toutes les époques et en tout lieu répond aux mêmes motivations. Par conséquent tous les mythes ont en commun d'avoir les mêmes fonctions :
— Fonction anagogique en ce qu'ils expriment le sacré tout en incitant, de par leur inadéquation flagrante à l'exprimer vraiment, et leur caractère paradoxal, à les dépasser vers l'inexprimable. Ils mettent sur la voie sans en préfigurer le but, ils indiquent1.
— Fonction pédagogique en ce qu'ils illustrent des préceptes de piété, de morale et de prudence2.
Cette fonction tombée dans l'oubli a été à juste titre vigoureusement ranimée par Jean Rudhart.
Le Prométhée d'Eschyle ou les avatars du contre-Œdipe, F. Pasche, Revue française de Psychanalyse, t. XLIII, mai-juin 1979.
— Fonction cathartique enfin, en ce que les Dieux et les Héros ressentent, éprouvent, font ce que nous réprimons et refoulons, mais aussi ce que nous voudrions réaliser : nos idéaux de pouvoir et de jouiss