You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
« Aucun doute ne m'a davantage troublé, aucune autre incertitude ne m'a de façon plus décisive retenu de publier mes conclusions… » Ainsi parle Freud dans l'Extrait de l'histoire d'une névrose infantile, l'Homme aux Loups1. On trouve dans ce texte maints témoignages de ce doute troublant, relatif ici à la réalité historique des ÉvÉnements oubliés que l'analyse ramène au jour. En pointer les expressions, et rechercher en quoi s'en trouvent affectés les interventions et les silences de Freud dans cette cure, c'est d'abord contribuer à une histoire de la technique psychanalytique ; mais c'est aussi alimenter une réflexion actuelle, car ce problème reste notre problème.
L'Homme aux Loups est « le mieux Élaboré et certainement le plus important des cas publiés par Freud » : on ne peut qu'être d'accord à cet Égard avec J. Strachey (SE, 17, p. 3) ; et d'accord aussi lorsqu'il souligne « le talent littéraire extraordinaire » de Freud dans l'Écriture de ce texte, un talent mis au service d'une remarquable démonstration aux dépens de Jung, au moment où se consommait leur rupture. Mais ce talent même, qui rend la démonstration si brillante, témoigne de l'effort produit pour réduire le bourdonnement de doutes sans cesse renaissants. Car Freud s'attache à convaincre : les analystes en danger d'être séduits par Jung (et Éventuellement par Adler, adversaire de moindre calibre Égratigné au passage) ; lui-même, Freud, qui parfois s'encourage de sa propre démonstration ; et S. P. le patient, dans le procès même de la cure : c'est ici qu'il s'agit de technique.
Je m'attacherai d'abord à rappeler ici comment Freud, au cours de cette cure, est parfois conduit par cette triple nécessité à des interventions Étonnamment directives ; mais aussi à souligner les fluctuations auxquelles a pu le conduire la recherche de la preuve dans les dires du