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La psychanalyse classique — son corpus théorique et sa pratique dont le modèle est la cure type — a-t-elle un avenir ? ; ou n'aura-t-elle Été qu'un phénomène passager lié à une certaine période de l'histoire : celle du déclin de la religiosité, de la mise en question des valeurs familiales et sociales et de la brusque accélération du progrès scientifique ? De nouvelles idéologies, porteuses de nouvelles valeurs — peut-être mieux fondées — ne la rendront-elles pas caduque ?
Plus que sa théorie qui, d'ailleurs, a Été en quelque sorte récupérée, à des degrés variables, par les divers courants de la pensée occidentale, sa pratique est contestée surtout dans la mesure où elle semble strictement dépendante de conditions socio-Économiques transitoires (la survie de la bourgeoisie) ; la disparition de celles-ci devrait entraîner alors la sienne, ainsi qu'il en fut de bien des luxes, de bien des modes, de bien des coutumes, et même de bien des rites.
Ce tête-à-tête périodique en espace clos, si fréquent, et renouvelé pour une durée indéfinie, cet aparté, isolé du quotidien affectif, professionnel, social, sans projet, sans acte, sans décisions ni conclusion, et qui, de plus, se défend de toute visée thérapeutique, Éducative, adaptatrice peut être présenté comme futile, artificiel, et en somme tout à fait irréel, en ce que ne passent, en apparence, rien d'autre que des désirs, des rêves, des fantasmes, des souvenirs et des mots pour le dire, exclusivement.
Certes l'on pourrait se rassurer sur l'avenir de cette pratique en arguant de l'ancienneté et de l'universalité de ses diverses préfigurations. En effet, si l'on définit la relation psychanalytique comme un non-dialogue, l'un parlant à l'autre ou s'adressant mentalement