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Les Belles Lettres viennent de réÉditer l'Œdipe de Marie Delcourt, dans une collection intitulée « Confluents psychanalytiques », consacrée à l'interprétation analytique des phénomènes de culture. La même année (1981) Payot a réÉdité dans une collection historique L'Oracle de Delphes du même auteur. Le premier ouvrage date de 1944, le second de 1955. Entre-temps, quelque chose avait changé dans les milieux européens de haute culture. Quelque chose a changé aussi dans la manière de Marie Delcourt. Faut-il rappeler qu'on doit attendre l'après-seconde guerre mondiale pour que se diffuse largement, en Europe continentale, une connaissance de la psychanalyse à laquelle ladite Europe opposait encore, dans les années trente, une « résistance ». La « résistance » de Marie Delcourt est sensible. Non qu'elle ignore Freud. Elle n'en a vraisemblablement pas, quand elle Écrit son Œdipe, approfondi l'Étude, ni surtout tenté l'expérience de la cure. Dans la mesure où elle en parle, peu, et à la un de l'ouvrage, c'est pour préférer, comme principe psychologique d'explication, le principe « adlérien » de la volonté de puissance au principe freudien de la jalousie sexuelle entre père et fils. Le principe adlérien est plus congénital à son interprétation de la légende. Tout au plus concède-t-elle une « surcharge » par des réminiscences de la mémoire infantile. Bien lui en a pris, puisque lui donne raison l'Étude conjointe de Conrad Stein, parlant, lui, en initié de l'analyse, et en connaisseur de Freud. Freud sort vaincu de la « confluence ». N'en déplaise aux psychanalystes distingués qui patronnent la collection, il s'avère que Freud est bien trop ignorant de la multitude des légendes qui couraient en Grèce autour d'un personnage progressivement créÉ pour justifier des rites incompris, des institutions survivantes, ou simplement la rudesse d'une tradition sapientiale remplacée par une autre morale. Ce que Freud a réussi à analyser c'est son propre Émoi, et l'Émoi d'un moderne à une