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Christophe présente des phobies très invalidantes depuis la période de latence, phobie scolaire qui l'a empêché de poursuivre sa scolarité, claustrophobie, agoraphobie ; il quitte sa mère pour se jeter dans les bras de sa femme, il vit enfermé dans leur appartement, dans une chambre noire où il développe des photos, « des natures » qu'il fait le dimanche au cours de promenades avec sa femme. Il veut devenir photographe. Il ne peut supporter le vent, les courants d'air, les étages ; il a besoin d'avoir les pieds sur terre. Il est suivi, sur le plan chimiothérapique, par un psychiatre, régulièrement. Je le reçois plusieurs fois par semaine, en face à face ; trajets difficiles mais possibles ; il m'écrit beaucoup entre les séances, lettres d'amour, lettres de haine, au langage très cru accompagné de dessins. Un espace est difficile à trouver, à créer, il se lève, se déplace dans la pièce, menaçant - menacé, il ne peut trouver une place, il est le plus souvent « hors de lui », comme il le répète. Il ne supporte pas mon silence relatif et exige des réponses. Il se met derrière mon fauteuil et me dit : « A quoi pensez-vous ? Et si je vous donnais un coup sur la tête, vous avez peur, je vous fais peur… ? »
Dans ma salle d'attente vit un hibiscus. Un jour Christophe me dit : « Vous l'avez échappé belle ! J'ai détruit votre hibiscus. » A la fin de la séance, je lui dis : « Je ne peux accepter que vous détruisiez quelque chose qui m'appartient. Allez chercher l'hibiscus, prenez-en soin et vous me le ramènerez quand il reprendra vie. » Christophe éclate en sanglots, coupable et soulagé. L'hibiscus devient alors un trait d'union entre lui et moi, et lui permet de trouver une place et de poursuivre ensemble un certain travail. Il envisage d'avoir un enfant, de travailler