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L'article de Judith S. Kestenberg « Le dehors et le dedans, le masculin et le féminin »1 a retenu notre attention en ce qu'il traite, nous a-t-il semblé, d'une modalité particulière de commerce avec l'objet. Ce texte, polémique et idéologique, se situe en réponse aux théories de Masters et Johnson, à celles de M. J. Sherfey2 qui visaient à apporter des modifications aux théories psychanalytiques de la sexualité féminine, compte tenu de nouvelles données sexologiques et biologiques. La pensée de Judith Kestenberg évolue dans une perspective développementale de la psychologie du Moi répandue dans certaines écoles psychanalytiques américaines et soutenue par Anna Freud et ses élèves en particulier. Dense, riche, ouvrant des perspectives originales et intéressantes sur la sexualité féminine et masculine, cet article est très vivant en ce qu'il se réfère moins à une idéalisation des fantasmes qu'au corps propre, source et lieu des sensations et des pulsions. Nous avons volontairement choisi de centrer notre réflexion sur le mécanisme d' « extériorisation » (externalisation dans la littérature anglo-saxonne) des « sensations génitales internes », cœur de l'étude de Judith Kestenberg ; il nous permet en effet de saisir un aspect de la constitution de l'objet aux phases « phalliques génitales ».
Les « sensations génitales internes » repérées lors de constatations cliniques, dans le texte d'analyses d'enfants et d'adultes et au cours d'observations directes, ont en commun un caractère diffus, vague, souvent mal verbalisable avant la puberté ; elles sont parfois peu discriminables de sensations intéroceptives au sens large, pelviennes, gastrointestinales