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Pour établir l'ampleur de la question, on pourrait commencer ainsi en puisant dans la psychanalyse appliquée de Freud, là où l'esprit souffle au plus vif. Le thème des trois femmes dans Le roi Lear de Shakespeare, s'adjoint au thème des trois coffrets du Marchand de Venise, lui-même dérivé du mythe légendaire de Pâris et des trois déesses — seul vestige selon G. Dumézil de la pensée trifonctionnelle des Indo-Européens. Seul mythe où l'étude structurale aurait un sens.
Freud, lui, postule, en raison même de la fiction — celle du roi Lear et de ses trois filles — un mythe originel (ce qui est peut-être suspect) qui gravite autour de la relation de l'homme à sa mort, à la mort. C'est une relation d'emprise, une relation pulsionnelle de possession, non spécifique et déchiffrable cependant par les images poignantes qu'elle engendre, à savoir, des affects qui vont encore au-delà de l'angoisse et des représentations porteuses de cérémonies violentes.
La violence représentative serait donc en apparence théâtre (un écrivain de théâtre Shakespeare, un affamé de ce théâtre, Freud), mais le geste cérémonial d'emprise — comme toutes les violences authentiques — deviendra une manifestation de l'esprit, quand il faudra passer, dans la pensée de la psychanalyse même, de l'irreprésentabilité de notre propre mort dans l'inconscient, aux représentations de la mort d'autrui — des objets aimés et haïs. L'emprise sur notre propre mort et notre propre vie se tient alors au-delà de l'angoisse du Moi devant le Surmoi, au-delà de l'immanence du système répétitif de l'autodestruction — ou en deçà, c'est ce que nous verrons. La possession ! totale et absolue, de soi à soi, d'où son aspect si héroïque… et si dérisoire. Freud cerne donc dans Shakespeare-Lear le rapport relationnel que l'ego masculin entretient avec la triple image de la femme, à savoir de la