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Au-delà de l'aspect assez focalisé du champ auquel il a, sur le plan formel, désiré limiter son propos, le fétichisme, c'est bien sur l'imaginaire pervers tout entier que nous avons été conduits par A. Lussier à réfléchir sous la très claire et très riche induction de son rapport.
A. Lussier nous a montré que la sérénité à laquelle peut parvenir tout développement scientifique au niveau de la forme, doit nécessairement correspondre à une situation profonde très à l'aise avec les obligatoires mouvements dépressifs qui ne manquent jamais de se réveiller chez le rédacteur d'un rapport. Tous ceux qui sont passés par cette épreuve forcément exhibitionniste le savent et se méfient. Chacun éponge cette angoisse selon les moyens d'intégration dont il dispose, sinon il convient de recourir à des systèmes du registre défensif, et tous ces systèmes ne sont pas de bon goût.
Je voulais commencer par exprimer l'intérêt que je prends à la situation économique que A. Lussier assigne à la perversion fétichiste, à la frontière entre le statut névrotique et le statut psychotique comme à la frontière entre le normal et le pathologique. Cette affirmation placée en exergue du rapport ne peut qu'intéresser très vivement tous ceux qui ont manifesté, et en particulier nos collègues québécois, un intérêt pour les recherches portant sur le mode d'organisation dit limite dans lequel beaucoup d'entre nous font entrer le fondement du fonctionnement authentiquement pervers.
En effet, lorsqu'on ne se contente pas de prendre pour argent comptant le discours manifeste du pervers exhibant une sémantique trop grossièrement sexuelle pour être authentique (alors que la syntaxe n'assure ni la liaison, ni l'articulation, ni la médiation, ni l'intégration propres à la dynamique vraiment génitale) on se rend vite à l'évidence