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Plusieurs auteurs font l'hypothèse que le fétichiste a très tôt été traumatisé par la perception réelle du sexe d'une femme considérée comme sa mère. Je pense que cet événement traumatique, réel ou imaginaire dans la vie du fétichiste, connaît par la suite un double destin.
Comme toute perception, celle des organes génitaux féminins maternels tentera de prendre place et signification dans une organisation mentale inconsciente déjà instituée.
Lorsqu'une perception, quelle qu'elle soit, n'est pas étrangère à l'actuelle formation mentale ou fantasmatique, son insertion dans celle-ci se fait naturellement. Cela se complique toutefois grandement dès que l'univers mental d'un sujet n'est pas organisé de manière telle qu'il puisse recevoir et fournir une signification adéquate à la perception d'un événement perceptuel nouveau. L'inconscient peut alors réagir de deux manières différentes : ou bien, il modifiera sa structure actuelle de fonctionnement, afin de faire place à la nouveauté du réel ; ou bien, il se maintiendra fermement dans sa position actuelle et, malgré l'évidence, fermera ses portes à toute intrusion d'un élément étranger et gênant.
Cette double issue d'une stimulation perceptuelle en rapport avec l'organisation mentale d'un inconscient nous est familière. Mais, nous référant à l'histoire d'un jeune client désormais célèbre, rappelons ici les tourments du petit Hans aux prises avec une révélation nouvelle et troublante : celle du sexe d'une petite sœur qui vient de naître. Freud nous dit que cette perception menace alors de « fracasser son univers