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Lors d'une entrevue d'évaluation, Monsieur « S » semble être un véritable névrosé. Il a tout pour être heureux : métier, femme et enfants, maison, pas de difficultés financières. Avec hésitation et après un certain délai, il me parle de sa violence qui lui inspire beaucoup de crainte ; par exemple, il ressent une envie très forte de se faire justicier, de prendre son fusil et de tirer sur les pneus de ces véhicules qui circulent devant sa maison, qui font du bruit et surtout qui dépassent la limite de vitesse permise.
Il me raconte avoir été grandement affecté et impressionné par sa sœur qui, en proie à une forte dépression, parlait de suicide ; véritable loque humaine, il a dû l'accueillir chez lui. Il ressent une crainte intense avec le vif sentiment que le même malheur pourrait s'abattre sur lui.
C'est en tout dernier lieu qu'il déclare avoir des « tendances » exhibitionnistes; il s'exhibe devant des filles si la situation le lui permet. Son désir est constant même s'il n'est pas toujours agi.
Monsieur « S » se décrit comme le mouton noir de la famille, « celui qui n'avait pas son doctorat en poche ». Néanmoins, il est très fier de me dire que même s'il a raté son bachot à trois reprises, il est parvenu à s'inscrire à l'université et à devenir chargé de cours.
Plus à l'aise, celui que j'ai devant moi me raconte qu'il est très habile, rusé et séducteur, qu'il connaît les phrases-clés utilisées dans une analyse puisqu'il a déjà reçu une formation en thérapie de groupe. Tout en étalant ses connaissances et peut-être voulant calmer mes appréhensions, il se ressaisit aussitôt pour me signaler qu'il désire travailler avec beaucoup de sérieux et de célérité dans son analyse.
Je note donc la violence, les désirs, les passages à l'acte de nature