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Chassez les perversions, le pervers revient au galop. Deux discours sur la psychanalyse et sur la perversion nous sont présentés, qui devraient exciter les sensibilités. A. Lussier nous fait part de son expérience clinique des fétichistes masculins et nous rapporte ce qui lui parut commun à ces cas. Pour mieux le décrire, il délimite le fétichisme au sens strict. La discussion sera ainsi ouverte sur le fétichisme comme modèle de la perversion, ou la possibilité d'extension de la notion : transaction fétichique, relation d'objet fétichique, relation avec l'objet transitionnel. Les rapports de la perversion avec la névrose induiront les questions de l'indication et des buts de l'analyse ; la valeur protectrice de la perversion sexuelle face à la psychose ou la dépression sollicitera la prudence face au risque suicidaire, ou de désorganisation, par rupture des équilibres narcissiques et objectaux. On se trouvera en terrain connu, entre psychanalystes de bonne compagnie, qui mettront de l'ordre dans leurs concepts, pour mieux soigner des patients qui viennent leur demander soulagement.
I. et R. Barande se refusent à dresser une clinique de la perversion, une « pornographie psychanalytique », et ils posent « l'insignifiance psychopathologique de la notion de perversion ». Ils ne voient pas de perversion dans leur pratique analytique de par leur compréhension même des processus psychiques chez leurs patients névrosés. L'effet pervers est relégué du côté de l'analyste, où ils vont le traquer dans les antinomies du concept et dans le fonctionnement de l'analyste : son usage défensif dans le contre-transfert, sa valeur fétichique dans la théorisation, son rôle dans la vocation psychanalytique, ses effets dans l'institution qui le forme. Véritable chasse au Snark, car partis sur la piste du concept en un territoire où il n'est pas, la métapsychologie,