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Le rapport d'André Lussier m'ayant été source d'un non négligeable progrès de conceptualisation du fétichisme, je tiens à l'en remercier d'entrée de plume. Les gains véritables sont discrets, et j'espère qu'il comprendra mon souci de faire face à la situation plus intimiste, collégialement parlant, suscitée par celui d'Ilsé et Robert Barande.
A mon sens, ce dernier rapport qui, par maints aspects, s'écarte du classicisme de nos Congrès et préfigure le prochain a le mérite insigne de nous questionner à l'essentiel de la condition analysante à une période peut-être opportune.
Comparé au rapport de A. Lussier, dont le très exhaustif repérage clinique nous sera à tous un fil directeur pour nos discussions, celui des Barande peut paraître ne s'occuper des perversions que pour pointer la duplicité des analystes à … s'en préoccuper. Privilégier le contre-transfert est certes une démarche dont nous connaissons la fécondité. Nous savons combien nos contre-attitudes peuvent pervertir ou bloquer l'évolution d'une cure et qu'il faut du courage pour le reconnaître. L'article de Searles, «L'effort pour rendre l'autre fou », dans sa deuxième partie, où il interroge la perversité inconsciente de l'analyste, en est une exemplaire illustration parmi bien d'autres.
Mais, de toute évidence, R. Barande aime provoquer ses collègues et, contre l'épreuve de réalité, semble garder l'espoir que des interventions publiques à leur égard finiront par être l'aiguillon salvateur à reconnaître nos péchés contre l'esprit de vérité. Accusant réception de cette bonne intention, son impact technique me paraît devoir être réservé, étant convaincu d'expérience que dénoncer la paille du voisin ne l'aide aucunement à s'en délivrer.