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Il y a, dans le très riche rapport de I. et R. Barande, une intéressante et (in)pertinente critique de l'Institution psychanalytique en tant qu'elle permet le bon fonctionnement de la perversion. J'y souscris volontiers.
Mais peut-on concevoir une réalité institutionnelle échappant à ce destin dès lors que, dans son essence même, la cure psychanalytique s'inscrit dans une mise en scène dont on peut se demander si elle n'est pas invite à la perversion ?
A savoir que la situation analytique telle qu'elle se définit d'emblée impose une coupure radicale (Spaltung) séparant, en première approximation, le « dire » du « faire » : « tout dire », ne « rien faire ». Evidence qu'il est bon de souligner. Les processus mis en jeu dans le fonctionnement de l'appareil psychique ne sont pris en compte — dans le discours analytique — que dans la mesure où ils s'inscrivent dans le registre du « dit » ou du « non-dit ». Le fait que tout analyste ait son attention attirée — peu ou prou — par des éléments non verbaux ne contredit pas cet énoncé. Dès le début de sa formation (et même avant), le futur analyste apprend qu'il convient d'éviter toute intervention qui déborderait le matériel verbal stricto sensu. Dans cette perspective, et malgré qu'il soit présent, en fait, dans toute cure, le « passage à l'acte » est très vite et systématiquement conceptualisé en termes d' « acting out », ce par quoi l'agir se voit immédiatement situé dans un champ sémantique bien « cadré », où il peut certes garder ce qu'il contient de refoulé à la condition expresse que ce dit contenu soit très vite désactivé par l'interprétation qui ne saurait être défensive et qui, alors même qu'elle semble