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C'est par cette phrase que débuta le premier entretien, en vue de l'engagement d'une psychanalyse, de Mme Z…, une jolie femme, à l'allure de dame très comme il faut.
Commencer sa première rencontre avec moi par cette formule, oh! combien séductrice pour une analyste, a effectivement eu pour résultat de me séduire. Je suis tout de suite vivement intéressée à la perspective d'observer enfin directement, et non pas par les fantasmes et le transfert interposés de leurs enfants, une de ces mères de pervers que nous ne voyons pour ainsi dire jamais sur nos divans. Me voici donc d'emblée faisant partie de ce couple pervers qu'est la situation analytique1. Et cela doublement puisqu'il s'agit d'une situation où mon voyeurisme est particulièrement excité, ce qui vient s'ajouter au rôle voyeuriste intrinsèque à la situation de l'analyste en fonction.
Ce fils pervers, dit Mme Z., enfant unique, est un jeune homme exhibitionniste qui, pour cette raison, a déjà eu affaire à plusieurs reprises à la justice. Elle connaissait ses troubles depuis plusieurs années, à l'occasion d'incidents survenus avec des domestiques ou des petites filles voisines. Elle aurait souhaité engager une analyse afin de comprendre quel était son rôle dans l'apparition et le maintien de ces symptômes (rationalisation évidente), mais, jusqu'à maintenant, elle n'avait pas osé mettre ce projet à exécution parce que sa mère (à elle), chez qui la patiente, son mari et son fils habitent, y était opposée, pour des raisons morales (« on y parle de sexe », « tu perdras ta foi »). Mme Z… s'est finalement décidée à passer outre, pour des motifs que je ne comprendrai que plus tard, mais tout en cachant cette démarche