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Le fétichisme est une perversion sexuelle qui a toujours attiré l'intérêt des analystes. Parmi les travaux publiés sur ce sujet, il y en a qui n'adhèrent pas à la définition de Freud. La confusion est due à l'élargissement du concept. Ont été inclus dans le fétichisme des objets transitionnels (Winnicott, 1953) et de prothèse (Bak, 1974), des objets qui représentent un attachement pathologique à la mère et à son sein, aussi bien que des objets qui sont simplement des symboles phalliques. La phénoménologie l'a emporté sur la dynamique et a altéré la définition. Une personne qui se masturbe avec un objet inanimé n'est pas nécessairement un fétichiste dans le sens freudien du terme. Ce qui établira le diagnostic, c'est la connaissance du fantasme inconscient qui accompagne le comportement sexuel du sujet.
Freud (1927, 1940) a désigné comme fétiche un objet qui représente le phallus de la femme et qui est utilisé comme une défense contre l'angoisse de castration que produit, chez le fétichiste, la perception des organes génitaux de la femme privés de pénis. Le fétiche comme représentant du pénis féminin renforce le clivage du moi qui peut ainsi, en partie, dénier la « castration » de la femme. Bien que Freud indique le symbolisme du fétiche, il met l'accent surtout sur son aspect défensif : quand Fried Jung a présenté à Freud le cas d'un garçon de seize mois qui ne pouvait s'endormir que si on lui donnait un vêtement de sa mère (Zeitschrift für psychoanalytische Pädagogik, octobre 1927), Freud rejeta l'hypothèse de fétichisme et répondit qu'il avait été démontré sans aucun doute que le fétiche est le substitut du pénis de la mère, une défense contre l'angoisse de castration, et « rien d'autre » (Wulff, 1946).
Ceci fait du fétichisme un désordre de la phase phallique-œdipienne malgré l'existence de facteurs prégénitaux (Greenacre, 1953). Malheureusement cette définition stricte de Freud, extrêmement utile pour