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Concernant le thème de ce congrès sur la perversion, il m'est apparu évident que si j'avais quelque chose à dire ce le serait sur les rapports qui m'ont lié avec un important groupe de jeunes filles qui me furent adressées jadis par la cour ou les salles d'urgence des hôpitaux psychiatriques pour des troubles graves, notamment « pervers », suscités par l'interruption soudaine d'une liaison incestueuse prolongée avec leur père. Le désir de parler de l'intimité de ces rapports s'est fait encore plus pressant du fait qu'une de ces jeunes filles, maintenant mère de famille, est revenue me voir pour une nouvelle tranche d'analyse, après dix années d'absence, remettant en cause les idées que je m'étais faites d'elle ainsi que des autres du même groupe. Mais j'ai beau sonder mes souvenirs sous tous les angles ; pour moi, il existe un point qui n'a pas changé quant à la nature de la personnalité et surtout du comportement qu'avaient ces jeunes filles tant avec leur père qu'avec l'analyste.
Ces jeunes filles s'étaient fixées, collées, soudées à leur père le jour même où ce dernier les avaient violées pour la première fois, généralement à l'âge de II ou 12 ans. Un couple sadomasochique d'une remarquable précision, d'une ténacité à toute épreuve, s'instaurait d'emblée, et la jeune fille allait se soumettre totalement, corps et âme, aux demandes sexuelles, sadiques et autres du partenaire paternel, et à n'importe quel prix, y compris celui de sa vie. La jeune fille avait besoin du père comme d'une drogue. On peut effectivement parler d'addiction dans ce cas puisque lors de l'interruption de la liaison incestueuse, survenue par accident la plupart du temps, la jeune fille se lançait dans des acting out effrénés, fugues, prostitution, tentatives de suicide, dans le but de retrouver un nouveau partenaire à qui elle se soumettrait de la même manière qu'elle l'avait fait avec son père.
Avec l'analyste le même scénario se répétait. D'abord, il était entendu que si ce dernier s'occupait