You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
C'est d'abord ma joie que j'exprime devant l'éclat de ce Congrès qui réunit sur les rives nord-américaines de l'Atlantique les psychanalystes de langue française ; ma fierté pour le rapport d'André Lussier et la présentation de Pierre Drapeau, dont l'éloge unanime rejaillit sur leurs collègues canadiens ; ma gratitude envers ceux qui ont réalisé l'impossible en ces premiers jours de septembre 1982 à Montréal.
La présence parmi nous de Pierre Luquet, secrétaire perpétuel autant que permanent des assises annuelles des psychanalystes de langues romanes, redevenus de langue française, m'est particulièrement chère, car c'est lui qui, en 1958, accueillait chaleureusement ma démarche entreprise au nom de la Société canadienne de Psychanalyse, forte de trois membres francophones, et qui appuya la demande d'adhésion de « notre Société-sœur du Canada » (Pierre Luquet scripsit), admise, le 9 avril 1960, « officiellement et de façon permanente » au titre de « Société constituante » de l'Association des Psychanalystes de Langues romanes, avec désignation d'un délégué ayant voix délibérative au Bureau de l'Organisation des Congrès. Sans notre « entente cordiale » avec nos collègues anglophones pour un engagement qui liait la Société canadienne dans son ensemble, sans la générosité spontanée du chef de cette communauté latine, sans cette foi qui répondait à notre espérance, cette fête de l'amour parental, filial et fraternel, que nous célébrons en fin d'été 1982, ne serait pas éclose.
Ici s'arrête le projet initial de mon propos. Ce qui suit est issu de ma réflexion suscitée par les intervenants au cours de la discussion libre de ce Congrès dont le thème est la perversion ; elle débouche sur la position dépressive centrale décrite par Melanie Klein en 1935.
Nous sommes tous parricides, écrivait Freud à Jones en 1913, et « nous sommes tous pervers », nous disent I. et R. Barande en 1982 ; mais, ajoutait le premier, « il y a un grand pas à franchir entre le désir et l'acte ». Pour rend