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Est-il nécessaire de déclarer combien j'ai trouvé remarquables par leur élégance et la richesse de leur contenu les deux rapports qui nous ont été présentés ? mais ma duplicité d'analyste-éthologue (ou d'éthologue-psychanalyste ?) me fait une quasi-obligation de discuter spécialement le rapport des Barande : l'éthologie y est comme on dit « interpellée », et après le courage, voire l'audace, dont ils ont fait preuve, je ne peux me dérober à jouer mon rôle d'expert supposé — compétent ès sciences extra-analytiques. Je ne me livrerai pas à une discussion de détails qui n'intéresserait que les spécialistes, mais plutôt à la formulation de certaines remarques qui sont autant de questionnements que j'adresse à la fois aux rapporteurs, au public et à moi-même.
Le premier aspect auquel je suis sensible pour le vivre quotidiennement en raison de ma double appartenance concerne la position de la psychanalyse par rapport au champ extra-analytique. Est-il légitime d'utiliser de façon aussi abondante des données glanées au cours de ce que lise Barande a appelé hier des « excursions pluridisciplinaires » ? C'est je crois un problème méthodologique et même épistémologique qu'il est difficile d'esquiver même si on ne peut y répondre qu'imparfaitement.
Voici pour ma part comment je perçois les choses à partir de leur travail.
On ne parle pas du pervers ou de la perversion, mais plutôt du « concept de perversion ». Les discours de congrès (comme d'ailleurs les discussions de cas) sont nécessairement des métadiscours.
Or, parler du concept de perversion en psychanalyse, cela implique l'examen de son statut métapsychologique à deux niveaux : celui de la « disposition perverse » dont on parle, mais aussi celui de la fonction que ce concept occupe dans l'économie du psychanalyste, voire des institutions psychanalytiques où se profèrent ces métadiscours.
Pour cela, si l'on admet que la psychanalyse est un système conceptuel ouvert, il peut être nécessaire de métacadrer le concept, c'est-à-dir