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Tournant délibérément le dos au masochisme et à la culpabilité. Ilse et Robert Barande partent en croisade laïque contre la religiosité et le mysticisme qui guettent la psychanalyse et le psychanalyste.
« Lorsque l'inadéquation ne peut plus être esquivée, qui rapetisse les géants bienveillants, le ciel religieux commence », disent-ils. Leur prise de position me paraît venir à point nommé dans ce temps de crise de la psychanalyse, où se posent les problèmes de transmission et de filiation et où un courant mystique se fait jour.
On a pu voir cet hiver à Paris, dans deux congrès de psychanalyse de groupements différents, une place d'honneur attribuée à deux théologiens, l'un montrant l'utilité et l'efficacité du dogme, l'autre s'interrogeant sur la transformation de la religion du Père en religion du Fils dans le monde chrétien, faisant un parallèle avec la découverte freudienne de l'Œdipe.
Ainsi, I. et R. Barande veulent-ils traquer dans les modèles théoriques psychanalytiques agissants de notre époque, tout dogmatisme, tout lapsus liturgique, toute marque de dévotion ou de militantisme.
I. et R. Barande se refusent d'autre part « à être les pornographes de la psychanalyse ». Comment ne pas être d'accord avec eux à l'époque actuelle où les perversions sexuelles s'étalent sur les ondes des radios libres (tranches de vies racontées, scénarios pervers, dragues homosexuelles, etc.) et dans les films pornos. Le marché des vidéo-cassettes pornos (très goûté des femmes, dit-on) devient une vraie pornothérapie (comme le titre un quotidien parisien).
Le goût du secret et de l'acte caché est remplacé par l'audio-visuel, suivant en cela l'évolution générale de la culture moderne, privilégiant le voyeurisme passif devant le petit écran.
Donc I. et R. Barande partent en guerre. L' « appétit d'excitation » pour le meilleur et pour le pire doit conduire l'homme à découvrir toutes les Amériques ; mais comment combler ce « creux de mère » qui est en nous, sans se brûler un peu les ailes.
Leu