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A la lecture des rapports présentés à ce Congrès, on est d'emblée confronté à une antinomie entre les deux perspectives qui sont exposées. D'un côté, dans un rapport davantage clinique alimenté par des exemples tirés de la cure de patients fétichistes, André Lussier définit le fétichisme comme « la clef de voûte d'une structure de la personnalité » (p. 68), d'une structure conférée par les exigences narcissiques relatives à l'Œdipe et à la castration.
D'un autre côté, dans un rapport essentiellement théorique, Ilse et Robert Barande affirment que « la « structure » gommant la découverte freudienne initiale réinstaure subrepticement l'innéité perverse de la pensée positiviste » (p. 6). De ce point de vue, le concept de perversion renvoie, selon eux, à la réification des concepts et à ses « critères cachants », à savoir loi, nom du père, meurtre du père, désir, désaveu, clivage du moi. Il faut donc déconstruire le concept de perversion pour en faire apparaître l'universalité, telle que Freud a pu le préciser avec le concept de pulsion partielle et la notion de perversion polymorphe de l'enfant ; l'extension du concept de perversion ne peut mieux être résumée que dans la formule lapidaire lancée par les Barande : « Nous sommes tous des pervers. » Dans la présentation de leur rapport, Robert Barande devait rappeler la fonction fétiche et contre-phobique de ce concept de perversion, ainsi que la dimension défensive propre au recours aux concepts et au besoin de projeter dans l'autre « le pervers » qui serait dénié en soi.
Or au cours du Congrès, et en particulier de l'atelier consacré à « Structure de la perversion et structure des perversions », on a certes reconnu l'importance de ne pas réifier les concepts, en adoptant des catégories psychiatriques, en particulier celle de « structure perverse », mais on a par ailleurs insisté à plusieurs reprises sur la nécessité de distinguer divers fonctionnements et de maintenir des différences entre perversion, perversité, et condu