You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Le rapport d'André Lussier, par sa richesse et sa constante ouverture à d'autres idées, stimule la réflexion et le désir de recherche du lecteur. S'agissant du fétiche, il laisse en particulier le loisir d'en appréhender la nature par une voie différente de la sienne.
Dans son article de 1927, consacré au fétichisme, Freud rapporte le cas « d'un jeune homme qui avait érigé comme condition de fétiche un certain Glanz auf der Nase1, condition dont l'explication passe par une traduction dans la langue maternelle, oubliée, du sujet, qui était l'anglais. Soit Glance at the nose2. Autrement dit, une représentation de mot se rapportant à une action en cours (regard) est transformée en une représentation de chose (brillant) hallucinée, comme dans le rêve.
Guy Rosolato3, jouant sur l'homophonie Glanz - Glance - Glans Glande propose même de donner un sens sexuel à ce que nous considérons comme une hallucination caractéristique de l'exigence de figurabilité du rêve.
Freud conclut ainsi son exemple : « Ainsi le nez était ce fétiche auquel, du reste, il pouvait à son gré octroyer ce brillant que les autres ne pouvaient percevoir. » La constitution du fétiche, selon cette phrase, résulte donc d'une liaison établie par le fétichiste entre la perception actuelle d'une chose « réelle » et une hallucination figurant régressivement le mot qui désigne l'action perceptive du fétichiste, à valence éventuellement sexuelle.
Si l'on explore plus avant la voie ouverte par Freud, on peut faire subir à la représentation de mot de la perception de chose Nase les mêmes transformations que Glanz : en anglais, Nase devient nose, dont l'anagramme « son (e) » désigne le fils (proche de sun, le Soleil, qui a pour caractéristique de briller) et peut être entendu, par une oreille allemande, comme Sohn, le fils, ou Sonne, le soleil. Ce développement pour montrer qu'il existe une identité entre le brillant et ce qui brille, entre celui qui regarde et le fils, et éventuellement, entre le nez et le gland. Ce t