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Malgré son côté provocateur, nous ne saurions escamoter l'abord sérieux et original de la recherche de nos amis Barande. Celui-ci nous incite à réexaminer et à redéfinir nos propres conceptions cliniques et théoriques. La passion d'Iise et de Robert Barande à démasquer les antinomies et les incohérences de ce qu'ils dénomment les « scénarios théoriques personnels » de leurs collègues, nous inspire également à jeter un regard sur les apories de leur propre scénario que nous regretterons de voir si pauvrement illustré du point de vue clinique. Je commencerai par ceci : qu'entendent-ils par exemple par « névrosés aux conduites sexuelles dites perverses » ? Et comment conçoivent-ils sa contrepartie implicite, les « névrosés aux conduites sexuelles dites non perverses » ? Et qu'en est-il de cette autre catégorie encore plus obscure des « vrais pervers » ? Cette dernière est définie curieusement comme étant le propre de ceux qui ne viennent pas en analyse. « Ils » existent, mais hors de notre champ d'observation clinique, donc hors de notre réflexion théorique ! Ainsi nos collègues maintiennent-ils des distinctions (conduites perverses ; conduites non perverses ; conduites vraiment perverses) tout en ajoutant avec insistance que ces distinctions n'existent pas.
Malgré la qualité de leur recherche sur la sexualité humaine, Ilse et Robert Barande me paraissent peu curieux de ses avatars, peu soucieux de ses complexités et de ses problèmes. Notamment, ils ne laissent aucune place à l'existence d'une sexualité symptomatique. Comme si, du moment où il y a jouissance et dénouement orgastique, tout était en ordre. Pas de conflits, pas de problèmes, pas de souffrances. Est-ce pour cette raison que nos amis semblent ne pas reconnaître la moindre distinction, que ce soit en termes économiques, dynamiques ou relationnels, entre les jeux amoureux et la sexualité symptomatique perverse ? Pourquoi, à partir des textes de Balint, parlent-ils des « plaisirs préliminaires ‘pervers’ » ? Les