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André Lussier exclut d'emblée, en première page, les femmes et les enfants ! C'est politiquement gênant de nos jours, même si en matière de perversion psychanalytique cela paraît a priori justifié. Laisse-t-on entendre qu'il n'y a finalement qu'un sexe, le féminin, et qu'une sexualité, la masculine ? A vrai dire, que font les femmes quand elles jouissent derrière leurs paupières, au creux d'elles-mêmes, en un assourdissant silence ; et les hommes, quand ils entortillent leurs fantasmes, l'œil aux aguets !
Je rejoins A. Lussier quand il pose comme centrale la problématique de la castration chez le pervers. J'abonde encore quand il décrit les vicissitudes d'un complexe d'Œdipe alourdi par l'imago maternelle. Il faut en effet que, chez le pervers, l'excitation sexuelle ait été traumatiquement mise en jeu par une mère séductrice, qui ne savait pas respecter la barrière des générations et refusait que joue sur elle, et entre elle et son fils, la Loi. A partir de quoi Lussier dessine beaucoup d'autres images encore plus aliénantes de la mère : celle qui refuse sa désidéalisation, celle qui sécrète insuffisamment ou trop de frustrations, celle qui délimite mal l'espace transitionnel, etc.
Que faire de cette galerie de portraits de la mère phallique, évoqués chaque fois que la « normalité » échappe ; concept passe-partout pour parler tant de la psychose que de la névrose grave, de l'état-limite ou de la perversion.
Disons d'emblée, pour se le rappeler, que seule la mère peut apparaître comme châtrée et donc éventuellement phallique ; pas la femme (autrement, comment la vue de son sexe pourrait-elle jamais faire bander !). C'est celle qui, dans le même temps où elle perd sa toute-puissance, se montre désirante. Sous l'angle du désir donc, la mère phallique pourrait être conçue comme une imago janusienne, sorte de fantasme originaire, dans la descendance du fantasme des parents combinés, plaque tournante sur laquelle s'aiguille la psyché pour son dernier parcours.
Partant, que le