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Pourquoi parlons-nous de perversion aujourd'hui, ici et ailleurs, car dans de nombreux lieux psychanalytiques on parle de perversion aujourd'hui ? Quel est le rapport en effet entre perversion et psychanalyse, mère-version ? ou s'agit-il de la question du père ? Qu'en est-il du père, version « monothéiste » au sens de Freud… ?
Ce rapport psychanalyse-perversion évoque pour moi en fait la question de l'éthique de la psychanalyse.
Trois points là à avancer de ma part :
1° La perversion pose sa question à la psychanalyse, c'est celle de la « réalité psychique ». Dans la perversion l'objet vient s'équivaloir à la représentation : le fétichiste, A. Lussier le disait hier dans son propos si précis, croit en quelque sorte à l'objet, alors que pour le névrosé, cet objet se révèle comme radicalement perdu, irreprésentable.
2° C'est la question du pouvoir ; je sais que ce n'est pas une question psychanalytique. Mais peut-être les termes de perversion morale, avec ses effets dans le social, nous permettent-ils d'en parler ?
D'ailleurs le pouvoir, semble-t-il, de politique, n'est-il pas devenu juridique aujourd'hui, et cela de plus en plus ?
Dans l'enclos analytique, le tribal à la Sigmund Freud est-il encore de mise, si le juridique vient faire se confondre et s'anonymiser les générations entre elles dans un aplatissement de l'imaginaire où seule la « réalité » du tort, du droit, viendrait justifier l'organisation et l'existence des sociétés d'analystes.
L'article de Freud : « Laïenanalyse » (écrit devant le risque d'accusation de charlatanisme si la psychanalyse est pratiquée par des non-médecins) est aujourd'hui plus que jamais un enjeu, mais deux exemples vont orienter mon propos.
— Hier au soir, au repas offert par le Congrès, et qui nous réunissait, j'ai pu entendre quelqu'un de New York dire son étonnement devant l'énorme somme d'argent (dollars us) dépensée pour des procès dont son Institut était l'objet : tel candidat refusé à son entrée dans l'Institut a utilisé les statuts (