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Lussier a décrit un type de fétichisme à l'exclusion de tous les autres, croyant que le fétichisme se résume à ce qu'il a présenté. Cette affirmation est sans fondement scientifique.
Contrairement à ce que pense Lussier, je ne crois pas que nous puissions ne pas appliquer le terme fétiche à tous les objets inanimés ou parties du corps qui symbolisent le pénis manquant et qui servent de défense contre l'angoisse de castration dans le but d'améliorer la fonction génitale. C'est là la définition donnée par Freud. Le fétiche n'est pas jugé d'après sa qualité (sandale ou vibromasseur), mais d'après sa signification inconsciente, sa fonction psychologique et le rôle qu'il joue dans la relation transférentielle. Les fétiches de mes malades remplissent ces qualités. Lussier a rejeté les données cliniques qui démontrent le fétichisme de mes deux cas de femmes. Dans sa critique il n'a pas pris en considération la fonction que les objets-fétiches remplissaient. Il a écrit que mes travaux « défient plus d'une position théorique ». Mais il n'y a pas de théorie qui réfute l'existence du fétichisme féminin.
En plus de la forme bien connue décrite aujourd'hui par Lussier, nous connaissons d'autres formes de fétichisme. Il y a le fétichisme du kleptomane qui est le fétichisme de la névrose d'impulsion. Des auteurs, français en particulier, ont signalé des cas de femmes qui volent un objet particulier, toujours le même (un fétiche), afin de parvenir à un orgasme. Les kleptomanes fétichistes sont bien connues.
Autres formes sont le « transvestisme » et l' « homéovestisme », cette forme de fétichisme décrite par Bak, Boulanger, Gillespie, Parkin et autres et que j'ai nommée « homéovestisme » parce que le fétiche est porté par le fétichiste et est un habit du même sexe que le fétichiste. Il représente chez l'homme et chez la femme le pénis du parent du même sexe.
Lussier a refusé de reconnaître l' « homéovestisme » comme une forme de fétichisme bien que Freud ait considéré comme fétichiste