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Au début de son œuvre, Freud a plusieurs fois émis l'opinion qu'il n'y avait pas de censure entre l'inconscient et le préconscient chez l'enfant.
Ainsi dans le chapitre VII de L'Interprétation des Rêves : « Le désir représenté dans le rêve est nécessairement infantile. Il provient chez l'adulte de l'inconscient ; chez l'enfant qui ne connaît pas encore de séparation et de censure entre le préconscient et l'inconscient, ou chez qui elles ne se forment que peu à peu, c'est un désir de la veille, non assouvi, et non refoulé » [3].
Freud réaffirmera cette position à deux reprises [4, 5], puis la laissera de côté après 1915. Si nous ignorions que cette conception est depuis longtemps dépassée, nous pourrions en tirer des conséquences préoccupantes pour notre compréhension de l'enfant. En effet, Freud considère dans ses travaux de la même époque que les processus d'attention et de contre-investissement se déroulent dans le préconscient, domaine où règnent les processus secondaires.
Si rien de sûr ne peut être dit du préconscient de l'enfant, rien non plus ne peut être su de ses fonctions cognitives. De plus, c'est la (Possibilité même de l'analyse d'enfant qui devient douteuse. En effet, Freud fait reposer la psychothérapie des névroses sur la différence entre préconscient et inconscient : les actes psychiques vraiment inconscients sont indestructibles. De leur passage dans le préconscient dépend toute possibilité de changement, et les modalités de ce passage justifient pour Freud l'attention la plus minutieuse et la discussion la plus précise [5]. Or voilà que chez l'enfant la barrière entre inconscient et préconscient n'existerait pas ! Frustrés de leurs espoirs en tant que psychologues, les analystes d'enfants se verraient aussi privés de leurs ambitions thérapeutiques !