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Nous distinguerons deux aspects de la théorie psychanalytique.
1) Le premier consiste à reprendre dans l'œuvre de Sigmund Freud les essais successifs de ses formulations, plus ou moins précisés ou modifiés par quelques grands disciples et continuateurs. Il y a un « fonds » théorique qui a été le nôtre au départ et vers qui on se retourne toujours. Ces essais divers qui cherchaient à cerner la clinique et les découvertes d'observation, à cause de la complexité du sujet, ont, entre eux, un aspect parfois contradictoire. Si les nouvelles formulations apportaient quelques éléments nouveaux, elles n'en contenaient plus certains, essentiels, qui existaient dans les premières. Les analystes s'en contentent, dans la mesure où ils travaillent avec une pensée que nous appelons « métaprimaire », dans laquelle les contradictions ne sont pas rédhibitoires. Le côté « poétique » de l'œuvre de Freud n'est pas un des aspects moindre de son génie. Par contre les débutants et, disons-le, un certain nombre de psychanalystes se trouvent découragés par ces difficultés. Le travail de synthèse qu'ils sont obligés de faire pour recevoir cette théorie peut apparaître comme utile. Toutefois, il aboutit souvent à un découragement et à une désaffection étonnante de la théorie. Ceux qui surnagent se créent pour eux-mêmes une théorie personnelle, avec un vocabulaire personnel, que les autres cherchent à traduire dans leur propre langage. C'est là le niveau habituel de nos recherches. Ceci masque souvent l'originalité des nouvelles formulations théoriques et cliniques. Une conséquence plus grave est que nos travaux sont et deviennent de plus en plus imperméables aux divers chercheurs en sciences humaines. Il n'y a plus de communication,