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Venu au Colloque avec deux ou trois idées timides sur le processus et la fonction de l'interprétation, une brève note clinique sur un rêve très court devant en donner une vignette suffisamment imagée, ce que j'ai entendu m'encourage à faire part de mes « illusions » théoriques. Je faillirais toutefois à ma tâche si je n'avouais pas d'abord le ressort de ma communication : une sorte d'incitation à me déterminer dans ma réflexion sur ce sujet, dès lors que la difficulté principale d'une théorie de l'interprétation psychanalytique m'ayant paru liée au nombre de « directions » s'offrant à notre pensée, conviée sur de nombreux « axes » par de nombreux « directeurs de pensée », je m'étais demandé s'il n'y avait pas là, autour de ces lignes de repérage et à identifier, quelque spécificité pouvant en retour éclairer le problème de l'interprétation. La prise de position de l'analyste sur ce problème majeur de l'analyse inscrirait-elle quelque chose comme un témoignage sur sa filiation psychanalytique ? et si cela était, à quels carrefours, autour de quelles idées partagées les psychanalystes peuvent-ils se reconnaître ?
I. Penser l'interprétation, c'est en effet toujours y penser un peu trop, aussi bien lorsqu'il s'agit d'en faire la théorie qu'en situation analytique. C'est s'exposer au retour probable d'un « Je ne sens pas ce que vous dites »… réponse de patient cliché certes mais que pourrait reconnaître un analyste en écoutant un autre discourir savamment sur l'interprétation. Tant est difficile une approche de la question qui ne néglige point la complexité d'un quadruple écart : entre l'inconscient et le système des liens préconscients, entre un énoncé parlé et son auteur, entre la scène de l'analyste et celle du patient dans le scénario transférentiel, entre un dire, tenté par le penser, et une reviviscence