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Nous nous intéresserons essentiellement à la valeur économique et dynamique de la figurabilité chez l'analyste, à la « puissance sensorielle » de l'image — l'expression est de Freud — et son utilisation dans la cure. Des fragments cliniques évoqueront des moments de figurabilité chez l'analyste, entendant par figurabilité le produit d'un travail psychique diurne comparable à celui du rêve avec son parcours régrédiant aboutissant à une perception interne proche de l'hallucination du rêveur.
Notre expérience de psychanalyste d'enfants nous a fait connaître le sommeil aux yeux ouverts des enfants autistes. Leur regard qui nous traversait le jour continue la nuit à se perdre dans un lointain fond de néant. Ces enfants en traitement, à peine les premiers signes de relation objectale surgissent-ils, qu'ils se mettent, dans leur sommeil, à crier de terreur et à appeler les parents. Nous croyons qu'au départ, l'investissement débutant des perceptions et des représentations des objets étant encore fragile, fluctuant, sans distinction véritable entre ce qui est perçu de l'objet et ce qui en est représenté, l'absence de l'objet risque d'être l'équivalent de la perte de sa représentation. Et, plus que la perte de l'objet, c'est le danger de la perte de sa représentation, héritière de la satisfaction hallucinatoire du désir, qui est synonyme de détresse. Nous nous expliquons. Au lieu d'une hypothétique succession génétique du moi-plaisir au moi-réalité définitif, nous trouvons plus heuristique d'envisager leur simultanéité précoce et un fonctionnement psychique avec des intérêts déjà contradictoires. Nous pensons contradictoires et non conflictuels et cela nous retient de parler d'un clivage précocissime du moi, la notion de clivage étant liée à celle de mécanisme de défense face à un conflit. Disons que le moi a une origine double. Freud affirme en 1915 dans Pulsions et destins de Pulsions : « L'extérieur,