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Active dans et par le transfert, rompant dans la surprise le silence de rigueur, la prise de parole de l'analyste pendant la séance propose au patient un objet de travail analytique. Ce fut un des nombreux mérites de ce colloque d'avoir insisté sur cette valeur d'« objet de travail », ainsi lancé dans un cadre dont, selon les termes de M. Fain, l'analyste est le gardien et le travailleur.
Cette prise de parole est classiquement qualifiée, depuis Freud, en deux termes : interprétation et construction. Mêlé à cette opposition de technique, apparaît cependant avec une certaine fréquence dans les dires des analystes entre eux, c'est-à-dire en réunions, formelles ou informelles, un autre terme, celui d'intervention, dont le statut, moins précis, donne l'impression d'une sorte de hiérarchie de noblesse entre ces divers termes. Si on leur ajoute celui d'hypothèse formulée par l'analyste à haute voix et à l'usage du patient, et celui de question posée, on se trouve en présence d'une panoplie qu'il me paraît intéressant d'investiguer.
Formulée en un mot ou une courte phrase, celle-ci s'avère propre à une levée du refoulement et, à tout le moins, à une relance du travail associatif et mnésique et de l'élaboration fantasmatique. Plus que le vrai ou le juste, elle dit le chaînon manquant. Cependant, à ne pas être toujours « parfaite » (voir le travail de J.-L. Donnet), elle court deux risques : si elle est faible ou fausse, elle fonctionne pour le patient comme une construction, si elle est trop péremptoire, si elle est reçue, à tort ou à raison, comme disant tout, elle clôt en quelque sorte le débat et manque sa fonction d'objet de travail.