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En hommage à celui qui a dit : « Et pourtant, elle tourne… »
Au téléphone, un jour, un homme que je n'avais pas vu depuis de nombreuses années me demanda de bien vouloir l'excuser s'il ne m'avait pas saluée tout à l'heure dans la rue. Devant mon étonnement, il me confia que, s'étant approché de moi, ou de celle qu'il avait prise pour moi, il avait été pris d'un doute au sujet de mon identité, de l'identité, du moins, de celle qu'il venait de croiser, et qu'il avait voulu arrêter un instant pour la saluer.
Il me téléphonait justement pour s'extraire de l'état de perplexité pénible dans lequel il était plongé depuis notre « rencontre » de tout à l'heure.
S'il s'était senti troublé en se demandant si c'était moi ou quelqu'un d'autre, son émoi n'était si grand, le contraignant à me joindre sur-le-champ au téléphone pour parler avec moi, que parce que, depuis de nombreuses années, il avait, me disait-il, l'habitude de croiser une femme, à un endroit bien précis de la ville, et que, jusqu'à ce jour, il avait toujours été convaincu que c'était moi.
Son histoire me touchait de façon quelque peu ambiguë, mais elle éveillait à coup sûr mon intérêt, puisque j'y jouais à mon insu, et ce depuis de nombreuses années, un rôle.
« Cette femme, que je voyais passer, marchant lentement, et que j'avais toujours prise pour vous, ce n'était donc pas vous ? », me demandait-il, encore perplexe.
Souligné dans sa description, le détail de la démarche lente semblait l'avoir frappé pour autant qu'il y revenait à plusieurs reprises au décours des différentes anecdotes du vécu imaginaire de nos rencontres qu'il me