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On parle souvent de l'interprétation, au singulier, comme si chacune pouvait se ramener au fond à un seul modèle, idéal. Un peu comme on parle du transfert, quand on sait bien, par exemple, qu'un transfert peut ne pas être objectai. Certaines cures s'avèrent nécessiter des interprétations d'une nature particulière, en ce qu'elles ne désignent pas le patient comme sujet de ce qui est à analyser, mais bien plutôt l'analyste, pour autant qu'il sert, à ce moment, de support (transférentiel) à une vérité déniée à l'origine.
Il s'agit ordinairement de patients qui furent marqués par des vécus traumatiques majeurs, générateurs d'autant de failles et de discontinuités dans le tissu de leur réalité psychique ; et dans le discours desquels l'analyste en vient peu à peu à repérer les effets de positions parentales en forme de déni1.
Voici, à titre d'exemple, deux moments particuliers de l'analyse d'une femme, venue à l'âge de trente-cinq ans, en proie à un vécu dépressif sévère. Elle était adressée par l'analyste de l'homme avec qui elle hésitait à entreprendre une vie commune. Le travail d'analyse une fois engagé, il fut frappant de constater combien elle pouvait s'avérer à la fois apte à un excellent travail associatif, dans une recherche très soutenue, tout en retrouvant par ailleurs une sorte de sidération devant des vécus traumatiques menaçant de la submerger. Elle se montra d'emblée, et durant des années, extrêmement attentionnée au cadre même de l'analyse ; un peu comme la « gardienne » de Michel Fain2, non seulement de par sa ponctualité extrême, mais aussi dans sa façon