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Dans cette notule, mon propos est celui de montrer comment, dans deux sociétés différentes où s'appliquent généralement des techniques non apparentées, j'ai pu observer un phénomène, s'exprimant diversement mais au fond semblable, lié à la culpabilité que le fait d'interpréter éveille chez l'analyste.
Il s'agit, face à cette culpabilité, de l'établissement de deux modalités de défense apparemment opposées, mais que j'estime dérivées d'une même source, observables aussi bien chez des collègues que parmi les jeunes analystes en supervision (et, bien sûr, chez moi-même), dans mon Association psychanalytique d'origine et à la Société psychanalytique de Paris.
Dans la première association, où la technique dominante était kleinienne, ce qu'ici on entend parfois appeler la règle d'or du silence ne s'enseignait ni ne se pratiquait. Et là-bas mon attention fut attirée par la préoccupation générale du « devoir » d'interpréter, sorte d'obligation morale à laquelle il fallait se soumettre. J'entendais des phrases de ce genre : « Ce patient a abandonné l'analyse bien que je lui aie interprété ceci et cela », « Il a passé à l'acte malgré mes nombreuses interprétations », « Comme je ne comprenais rien, je lui ai dit tout ce qui me venait à l'esprit » et, à la limite, au cours de supervisions : « Excusez-moi, je suis désolé mais, malgré tous mes efforts, ce jour-là je n'ai rien trouvé à dire. » Ces réflexions se révélaient à l'usage irréductibles à des considérations théorico-techniques, ainsi qu'à toute approche méthodologique du collègue ou du superviseur et réapparaissaient inlassablement.
Il me semblait que l'origine de cet impératif de parler, de cette conviction de la nécessité de l'interprétation à tout prix, se trouvait dans des sentiments de culpabilité qui poussaient à satisfaire des exigences