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Jean Gillibert, psychanalyste et homme de théâtre, nous invite, dans Les Illusiades. Essai sur le théâtre de l'acteur, à un parcours qui entrelace, avec force et passion, les chemins de l'art et les cheminements de l'inconscient, les positions de l'acteur et les places de ceux qui participent en regardant, les ouvertures des œuvres et les jeux de la vie et de la mort. Auteur d'ouvrages psychanalytiques (L'Œdipe maniaque. Une quête phallique. Le moi soulagé. L'image réconciliée), de textes français d'œuvres théâtrales, de traductions de pièces de Shakespeare, nul mieux que lui n'était apte à nous convier à ce voyage au fil d'une pensée sans cesse mouvante, sans cesse questionnante, qu'aucune systématisation n'arrête, ni ne fige, en des concepts réifiés ou réifiant.
Sans cesse, sur le métier, est élaborée « une recherche inlassable de tout ce qui articule l'homme dans son existence à ce qui le dépasse, le disjoint, le conjoint ». Car ce n'est pas tant d'interprétation qu'il s'agit en ce qui concerne l'acteur, que de « recherche interprétative », ou de « médiations interprétatives » vivantes. Certes, l'énigme de l'acteur est au premier plan de ce livre, et les artistes du théâtre auront, j'imagine, leur propre lecture de cet essai, mais le psychanalyste ne peut pas ne pas se sentir en résonance, me semble-t-il, à l'écoute de ces « foyers d'irradiances », dont parle Jean Gillibert à propos de l'acteur, qui sont dans « l'articulation de l'acteur à son rôle, de la pièce au public ». Le psychanalyste est à son tour interpellé au cœur de son théâtre particulier, qui est celui de son propre « foyer », lieu d'articulation entre ses patients à leur inconscient, et à lui-même.
Nouveau Quichotte de la scène et de ses coulisses, Jean Gillibert se bat contre les illusions illusionnantes de la théâtralité et de la théâtrocratie, de l'impérialisme des signes, des techniques, et des appareillages enfermants et aliénants, des systématiques de maîtrise. « Non, aucune fatalité, aucun symb