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Il est possible à l'heure actuelle de retrouver des témoins directs de la vie d'adulte de Herbert Graf. Certains ne manqueront pas d'interroger sans doute ces témoins, peut-être même de les « faire parler » ? La connaissance de quelques précisions biographiques pourrait sans doute venir compléter, confirmer ou infirmer des hypothèses émises sur la nature des conflits de Hans au moment de l'apparition de la phobie des chevaux. Mais il ne semble pas essentiel d'aller à la chasse aux « confidences » auprès des uns ou des autres.
Il y a lieu cependant de remarquer que les « voyeurs » se sont très peu intéressés aux réalités concernant le petit Hans alors qu'ils se sont acharnés, parfois avec une évidente perversité, à percer la « réalité » des différentes étapes par lesquelles est passé l'Homme aux loups. Il m'a semblé par contre que nous possédions autour du cas de Hans d'importantes confidences spontanées et je voudrais étudier ici les réflexions qu'a évoquées pour moi l'écoute psychanalytique de telles confidences.
Les confidences portant sur le cas du « Petit Hans » apparaissent à trois niveaux : d'une part, dans les propos prêtés à Hans par Freud (mais à condition de détecter le codage opéré), d'autre part, dans les propos de Freud sur Hans (mais à condition de dépasser les desseins essentiels de Freud, c'est-à-dire ses buts épistémologiques, et de détecter aussi les supercheries dictées par l'amitié qui le liait à la famille Graf au moment de cette « cure »), enfin, dans les propos tenus par Herbert Graf adulte, propos qu'il convient au contraire de comprendre dans une analyse très attentive du mot à mot du discours.