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Dans mon exposé, je me propose de vous présenter l'hypothèse d'un narcissisme primitif ou paléonarcissisme et d'une agressivité archaïque, les deux étant qualitativement différents du narcissisme et de l'agressivité égotisés, facteurs de structuration du Moi.
Une stratification des pulsions a été pressentie par Freud, qui utilise le terme libido dans son sens strict (sexuel) et dans son sens large (amour sans sexualité, ce qui correspond au narcissisme, comme j'ai l'intention de le montrer). Quant au concept agressivité, Freud va de la pulsion d'emprise (Bemächtigungstrieb) à l' « instinct de mort », destruction sous forme de retour à l'inorganique, c'est-à-dire agressivité primitive dans un sens que j'explicite dans mon exposé. Le mortido de Federn, comme le destrudo d'Edoardo Weiss vont dans le même sens. La différence entre deux agressivités de qualité différente est exprimée par la distinction qu'on a tenté d'introduire entre « agressivité » et « agressité ». Ou encore entre « agressivité » et « agression » (Lebovici et Diatkine, Revue franç, de Psychanalyse, 1972, 1).
Le paléonarcissisme jaillit de la matière vivante (cœnesthésie prénatale) (vecteur également d'une sexualité primitive qui est celle de la cellule embryonnaire se multipliant sur un rythme accéléré), mais en la reniant immédiatement, en quelque sorte, son essence étant la fiction originelle, selon laquelle il existe par lui-même sans support aucun, dans son immédiateté et perfection absolues, ce qui constitue l'expression psychique même de cette cœnesthésie. Ce conflit, comme nous le verrons, est projeté, mais non résolu, à moins que le narcissisme s'intègre progressivement au Moi, ce qui, souvent, n'est pas le cas, le