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… « la Ténèbre plus que lumineuse du silence »…
Les imagos, comme les pulsions, ont leur destin.
L'avatar le plus extrême de ce destin, que je désignerai comme l'imago zéro, me semble mériter d'être mis en évidence et examiné, d'autant plus qu'il constitue l'apogée du dogme des grandes religions monothéistes et la pierre angulaire de notre praxis.
Mais il me faut tout d'abord revenir à la définition de l'imago1.
L'imago est « un prototype inconscient », ceci signifie que le sujet n'est pas conscient de l'origine des déformations jusqu'à l'inversion, et de l'amplification, qu'il fait subir à la réalité en projetant sur elle cette imago. Mais, à partir de là, deux éventualités pourront se produire :
— le sujet sera également inconscient de la représentation qu'il se fait de la réalité ainsi modifiée et, seuls, « ses sentiments et sa conduite » le manifesteront ;
— ou il aura conscience de cette représentation idéalisée (positivement ou négativement)2 mais il la prendra pour une perception, pour l'indice d'une réalité3.
Dans ce second cas il la traitera délibérément comme telle : la décrivant, affirmant ou niant d'elle telle caractéristique — les attributs divins par exemple —, avec la liberté dont on dispose vis-à-vis d'une réalisation hallucinatoire. Les motivations profondes de ce traitement restant inconscientes.