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A tous ceux qui dialoguent avec l'absolu.
L'idée d'écrire ce texte m'est venue par différentes voies. La plus importante et la plus égoïste est de mieux comprendre mon athéisme ainsi qu'en même temps ma solidarité avec le monothéisme abrahamique et avec ce qui en a résulté, judaïsme mosaïque, islamisme et christianisme. A l'ombre du monothéisme, comme à l'ombre du surmoi, l'ombre de l'homme! C'est donc dire mon refus existentiel, présent et historique, de ce qu'on peut encore appeler le « paganisme ». Ce que je comprends alors de moi-même n'a d'importance et d'intérêt que parce que mon existence est une existence historique, entamée et entamant d'autres existences historiques avant d'être une pure subjectivité ou un pur signe social.
J'ai été conduit de ce fait à relire le dernier ouvrage de Freud : L'homme-Moïse et le monothéisme. Livre assez injustifiable et pourtant admirable dans son contexte tragique ; testamentaire certes, mais d'un testament qui ne peut évincer les testaments sacrés — ancien et nouveau — et qui pose les successeurs de Freud et la psychanalyse dans le plus étrange réformisme que la pensée humaine ait rencontré. Même Spinoza, le Juif, honni des juifs, des chrétiens… et des psychanalystes, ne sera allé jusque-là.
J'émets en effet cette voix moyenne, d'un homme banal qui tente de penser en 1983 ce qu'il en est d'une maigre destinée insérée dans l'histoire de l'Occident, de l'Europe, de la France, de la psychanalyse.
Je l'émets d'autant plus qu'il m'est arrivé fréquemment de noter, dans certains moments de certaines cures, le passage, l'irruption d'une