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« C'est tellement compliqué la construction d'une phobie… Je crois que je n'arriverai jamais à comprendre! C'est parce qu'il y a trop de sens à la fois : tout est mélangé là-dedans. C'est ça qui est décourageant! Et, en même temps, ça n'a pas tellement d'importance cette phobie… Oui, on pourrait dire que ce n'est pas grand-chose, puisque c'est seulement symbolique… Ce n'est pas grand-chose, mais ça résume tout! »
C'est à peu près en ces termes que Louise commentait un jour sa phobie des oiseaux, des « bêtes à plumes », comme elle les nomme.
Ce commentaire que je cite en exergue met l'accent sur la condensation des significations multiples qui ont investi l' « animal d'angoisse ». Il évoque aussi, bien que de manière assez ambiguë, certains aspects économiques de cette phobie. Le déplacement irait dans le sens d'une atténuation des affects : ce n'est pas grand-chose puisque c'est seulement symbolique. Mais cette affirmation se trouve aussitôt transformée en son contraire : ça résume tout. Tout… c'est trop! Il apparaîtra en effet que ce déplacement échoue, pour une part, dans sa fonction de focalisation de l'angoisse et des conflits, et même qu'il contribue à fixer, par des satisfactions substitutives quelque peu ludiques et déréelles, des buts pulsionnels partiels et des désirs transgressifs.
Il faut préciser que, dans ce cas, la phobie n'est guère invalidante. Elle aurait plutôt valeur de langage — ou de métalangage — dans une structure à forte prévalence hystérique. C'est pourquoi sans doute la référence au « symbolique » apparaît si souvent dans le discours explicite de Louise.
La peur des bêtes à plumes avait certes été mentionnée dans la demande d'analyse, mais non comme son motif principal. Louise se