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Si on se réfère à la notion d'Imago, heureuse expression de Jung, disait Freud, notion concernant les personnes de l'enfance, nos parents en particulier, tels qu'ils ont été vécus, conçus et subjectivement enregistrés par l'enfant (P. Marty) et qui constituent dans la psyché une formation suffisamment hétérogène au Soi pour être isolée et pour que des relations internes soient maintenues avec elle (P. Luquet), il est certain que les malades dont je vais parler ne fonctionnent pas habituellement à ce niveau1.
Il s'agit pour eux, le plus souvent, de projeter, de transférer sur l'entourage, des relations à des objets internes, plutôt des pré-objets, des vécus archaïques sous forme d'ensembles symboliques fonctionnels, c'est-à-dire d'un moment plus ou moins isolé d'organisation pulsionnelle les liant à l'objet et servant de mode relationnel ultérieur.
J'envisagerai les relations bien particulières que ces malades nouent dans l'institution, l'interaction entre malades et soignants de tous types : j'aborderai ensuite quelques exemples cliniques, tous envisagés sous l'angle du mode de communication du discours psychotique, pris dans un sens large, et de restauration des liens avec leurs objets. En cours de route, j'aborderai les qualités « souhaitables » d'une réponse à ce discours, qualités pouvant favoriser une évolution psychique.
Notre travail vise la partie saine et accessible du Moi de ces malades (Racamier), mais notre échange avec eux est toujours infiltré par des projections imagoïques délirantes, des agirs ou des attitudes destinés à susciter par notre truchement la réponse prévue de la part de l'Imago.
Ces malades apprennent à connaître l'impact social de la folie sur