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Influencée par le thème choisi pour le présent numéro l'idée me vient que, parmi les nombreux liens qui attachèrent Freud à Jung, il y eut, dérivée de son imago paternelle, un transfert de la figure imaginaire de l'aryen qui avait humilié Jacob Freud dans l'esprit de son fils. Ne fut-ce pas dans un renversement momentané de cette réminiscence que Sigmund Freud fit choix de Jung comme fils d'élection ? On peut se le demander.
Quoi qu'il en soit le terme « imago » ne figure guère dans les écrits de Freud. L'index de la Standard Edition en répertorie l'usage à trois occasions : en 1912, dans l'un des articles consacrés à la psychologie de la vie amoureuse, la même année, dans la Dynamique du transfert où l'emprunt du terme à Jung est spécifié mais où, comme dans l'occurrence précédente, le mot imago renvoie seulement à une fixation érotique concernant des traits réels d'objets primaires ; enfin, en 1924, dans le Problème économique du masochisme où « imagos » (traduit là par « images » dans le texte français) paraît prendre pour la première fois le sens que semble avoir voulu lui attribuer Jung dans Métamorphoses et symboles de la libido (1911) en substituant la dénomination d'imago (paternelle entre autres) à celle du complexe correspondant. A propos du masochisme moral et du Surmoi, Freud écrit en effet que derrière le pouvoir exercé par les objets anciens des pulsions libidinales (les parents) se cache celui des influences du passé et de la tradition : « La dernière figure de cette série qui débute avec les parents est le Destin, puissance obscure que très peu d'entre nous parviennent à concevoir de façon impersonnelle. » Quelques lignes plus haut, une note au sujet de l'admission du complexe d'Œdipe d'« un point de vue historique » renvoie à Totem et tabou, ce qui me semble permettre de lier ce développement d'idées à des pensées préconscientes de Freud en rapport avec l'imminence de sa brouille avec Jung en 1912. En 1912,