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La lecture du livre de Célia Bertin consacré à Marie Bonaparte (La dernière des Bonaparte, 1982)1 et l'évocation de son rôle par Elisabeth Roudinesco dans La bataille de cent ans (1982)2 m'ont conduit à évoquer son souvenir, autrement qu'en faisant part de ce qu'on peut savoir sur les origines de son intérêt pour la psychanalyse, sur son rôle dans le développement de la psychanalyse en France et sur l'intimité de ses relations avec Freud, sa fille Anna et sa famille.
Célia Bertin, qui a eu accès à de nombreux documents inédits, tend à montrer que l'enfance et l'adolescence insatisfaites de Marie Bonaparte l'ont conduite à chercher à se réaliser, ce que son mariage ne lui permit pas jusqu'à ce que Freud l'acceptât en psychanalyse, puis fît d'elle sa vraie représentante en France.
La thèse d'Elisabeth Roudinesco sur le rôle de Marie Bonaparte n'est pas tellement différente, bien que beaucoup plus complexe. Elle attache elle aussi une grande importance à son passé et à sa biographie, en particulier au fait que Marie Bonaparte ait dû renoncer à faire des études en médecine ou en biologie. Selon elle, là est l'origine d'une contradiction, non seulement dans les attitudes professionnelles, mais dans l'œuvre scientifique de Marie Bonaparte : celle-ci en effet plaidait pour que la formation en analyse et la pratique fussent ouvertes aux non-médecins, aux laïques et en même temps elle n'aurait jamais renoncé à biologiser la psychanalyse.
Elle donne par ailleurs sa version de l'analyse de « la Princesse » par Freud : un contre-transfert non maîtrisé parce qu'elle était une princesse, alliée aux familles régnantes en Europe et parce qu'elle était une femme ; d'où un transfert jamais liquidé puisque l'Œdipe paternel transféré sur un Freud idéalisé ne fut pas suffisamment interprété pour lui permettre de dépasser la relation avec son père spirituel et idéalisé.
La conséquence la plus évidente de cette analyse (interminable) et insuffisante est, aux yeux d'Elisabeth Roudinesco, le rô