You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Le film est le suivant : Ludwig de Visconti. J'avais rendu compte de ce film dans sa version mutilée, il y a quelques années, dans la Revue. Je l'avais trouvé peu intéressant et esthétisant, en le comparant à Requiem pour un Roi Vierge de Syberberg.
Cette version amputée ne rendait pas compte du travail de Visconti. La version actuelle qui dure quatre heures permet de mieux apprécier. C'est ce qu'on appelle un « beau film » mais que je n'aime toujours pas. Beaucoup de clichés, de sens convenus sur un thème fabuleux. Négliger à ce point l'enjeu politique du règne de Louis II : la lucidité de prince « fou » contre le centralisme prussien de Bismarck, la grandeur et le dérisoire des relations Louis II-Wagner. Ici, Wagner est un salaud veule, mais non un fieffé coquin, avide d'ambition pour une cause : le drame musical qui doit s'installer…
Reste l'homophilie de ce « schizophrène » : il y avait pourtant beaucoup de choses à montrer et à ne pas montrer. Refus de Louis II de fonder une dynastie par exemple. Son « royaume » est purement fictif, « blanc »… et terrible dans sa lucidité implacable.
Egalement mystère de la double mort de Louis II et de son psychiatre !
Bref, un sujet « rapetissé », des acteurs, dans l'ensemble, médiocres…, une vision pittoresque de la folie (des infirmiers vigoureux et de la folie stigmatisée par le maquillage)…
Et des « tableaux » ! C'est là où je voulais en venir. Visconti est un prince qui collectionne les « tableaux », qui fait des montages en tableaux. Des tableaux mais jamais des paysages! On ne voit jamais le tableau se former. Il est déjà tout apprêté dès qu'on nous le montre.
Dire qu'il a fallu Nerval (dans Aurélia) pour qu'on comprenne qu'un tableau, ou plutôt un paysage, s'installe et se forme sous nos yeux. Comme dans le Rêve ! Le paysage du rêve est toujours précaire, instable ; il se forme et se dé-forme. L'aptitude à la figurabilité dont parle Freud n'est pas une donnée dogmatique doctrinale sur la représentation, mais… une aptitude d